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On n'a pas de pétrole, mais on a des sapins... [TSR]
En Suisse, on n'a pas de pétrole, mais on a des mélèzes, des hêtres et des sapins. Depuis plusieurs années, la forêt suisse va mal. Le prix de vente du bois est trop bas pour financer le travail des forestiers et des bûcherons (la forêt nécessite des coupes régulières pour éliminer les arbres malades et favoriser la croissance des essences nobles). « Aujourd´hui, on consomme 2 fois moins de bois que la forêt n'en produit chaque année. Ces gigantesques volumes de bois pourraient servir à nous chauffer », c'est en tout cas ce qu'espère Alain Bromm, responsable de l´antenne romande d´Energie-bois Suisse. « On pourrait facilement, à court terme, doubler la consommation actuelle de bois (2,7 millions de mètres cubes aujourd´hui), cela permettrait d´avoir une forêt en meilleure santé, de donner du travail aux gardes forestiers et à toute la filière du bois », ajoute-t-il.
Au Mouret (FR), l´entreprise Mivelaz est une scierie familiale comme il en existe des centaines dans le pays. L'entreprise produit essentiellement des planches et des poutres destinées à la construction. Au quotidien, cette activité génère des montagnes de sciure et de copeaux. Il y a encore quelques mois, ces déchets étaient éliminés à grands frais. Aujourd´hui, ils rapportent de l´argent sous la forme de granulés de chauffage, de la sciure compactée : les pellets (2 kilos de pellets correspondent à un litre de mazout). Un an après avoir mis au point sa machine, la production est de 5 à 6 tonnes de granulés par jour. Un succès tel Louis Mivelaz envisage de racheter les déchets des scieries de la région. « La demande est en augmentation très nette; en Allemagne et en Autriche, par exemple, la consommation double chaque année pratiquement. En Suisse, depuis 5 ans, la demande augmente aussi très régulièrement ». [TSR]
Olivier Bise (Murist, FR), livre ces pellets dans toute la Suisse romande : « La première année, la quantité livrée sur l´année était de 12 tonnes et demi, aujourd´hui 15 tonnes sont livrées par jour. La différence avec le mazout, c'est qu'il faut vider les cendres tous les 1 mois et demi durant l´hiver et tous les 3 mois durant l´été et que les pellets occupent un volume 2 à 3 fois supérieur au mazout. Par contre, l´odeur du bois à l´intérieur du local est nettement plus agréable que celle du mazout ! Autrement, le bois offre les mêmes avantages, c'est un système qui est entièrement automatique, une vis d´alimentation où une soufflerie injecte les granulés directement dans la chaudière ». Prix d´une telle installation : entre 20 et 30% plus cher à l´achat qu'une chaudière classique. Pour une villa familiale, le surcoût atteint donc 5 à 10'000 euros . En revanche, la facture annuelle de combustible est nettement moindre. Au cours actuel du mazout, l´investissement est amorti entre 3 et 10 ans.
Pour la haute savoie subvention de 1000 euros de la Région et credit d'impots de 25%
Le premier bénéficiaire de ce mode chauffage est certainement l´environnement. En grandissant, les arbres absorbent et stockent du CO2, le principal gaz à effet de serre. Lorsqu'ils meurent, le CO2 est à nouveau libéré dans l´atmosphère au fur et à mesure que le bois se décompose, c'est le cycle naturel des forêts. Lorsqu'un bois brûle, il libère la même quantité de CO2. Contrairement au mazout, le bilan du chauffage à bois est donc neutre pour l´environnement.
A l´heure actuelle, le bois représente seulement 5% de l´énergie dépensée en Suisse pour le chauffage. Le potentiel est donc immense. |